Portrait de Élodie Par Élodie
Publié le 5 août 2026
5 minutes

Frais de notaire achat immobilier : le guide complet

Frais de notaire achat immobilier : le guide complet
Immobilier

Lors de l'acquisition d'un bien immobilier, les frais de notaire représentent une part significative de votre budget global. Mal compris et souvent sous-estimés, ces frais d'acquisition peuvent surprendre les acquéreurs, notamment les primo-accédants. Mais que recouvrent exactement ces frais ? Comment sont-ils calculés ? Existe-t-il des moyens de les réduire ? Ce guide complet vous révèle tout ce que vous devez savoir pour anticiper et optimiser ces dépenses incontournables.

Qu'est-ce que les frais de notaire ?

Les frais de notaire, également appelés frais d'acquisition, désignent l'ensemble des sommes que l'acquéreur doit verser au notaire lors de l'achat d'un bien immobilier. Contrairement à ce que leur nom suggère, ces frais ne reviennent pas intégralement au notaire : environ 80 % sont reversés à l'État et aux collectivités locales sous forme de taxes et d'impôts.

Ces frais sont obligatoires et doivent être réglés le jour de la signature de l'acte authentique de vente. Ils varient considérablement selon plusieurs critères, notamment l'ancienneté du bien et sa localisation géographique.

Pourquoi paie-t-on des frais de notaire ?

Les frais de notaire servent à couvrir plusieurs éléments essentiels dans une transaction immobilière :

  • Les taxes et impôts dus à l'État : la majeure partie des frais
  • La rémunération du notaire : pour son travail de rédaction et de conseil
  • Les démarches administratives : formalités, publications, consultations
  • La sécurisation juridique : vérification des documents, absence d'hypothèques

Composition détaillée des frais de notaire

Les frais de notaire se décomposent en quatre composantes distinctes, chacune ayant son propre mode de calcul et sa propre destination.

Les droits de mutation (ou taxe de publicité foncière)

Les droits de mutation constituent la part la plus importante des frais de notaire. Il s'agit d'une taxe perçue par les collectivités locales lors du changement de propriétaire d'un bien immobilier.

Pour un bien ancien, le taux s'élève généralement à 5,80 % du prix de vente dans la majorité des départements français. Seuls quelques départements appliquent un taux réduit de 5,09 % : l'Indre, l'Isère, le Morbihan et Mayotte.

Pour un bien neuf, ces droits sont considérablement réduits, ce qui explique la différence majeure de frais entre l'ancien et le neuf.

Nouveauté 2025 : hausse temporaire possible

Depuis le 1er avril 2025, les départements ont la possibilité de relever temporairement le taux normal de la taxe de publicité foncière jusqu'à 5 % (contre 4,50 % auparavant), et ce jusqu'au 31 mars 2028. Cette hausse ne s'applique toutefois pas aux primo-accédants, qui bénéficient d'une protection spécifique.

Les émoluments du notaire

La rémunération du notaire est strictement encadrée par l'État selon un barème dégressif par tranches. Ce système garantit la transparence et permet à tous les acquéreurs de connaître à l'avance le coût de la prestation notariale.

Tranche de prix Taux applicable
De 0 à 6 500 € 3,870 %
De 6 501 à 17 000 € 1,596 %
De 17 001 à 60 000 € 1,064 %
Au-delà de 60 000 € 0,799 %

Par exemple, pour un appartement à 200 000 €, les émoluments du notaire s'élèveront à environ 1 995 €, auxquels il faut ajouter la TVA à 20 %, soit un total de 2 394 € TTC.

Les frais de débours et émoluments de formalités

Les frais de débours correspondent aux sommes avancées par le notaire pour votre compte lors des différentes démarches administratives. Ils incluent :

  • Demandes de documents d'urbanisme
  • Consultation du cadastre
  • Frais de géomètre si nécessaire
  • Publication de la vente au service de publicité foncière
  • Extraits d'actes d'état civil

Ces frais représentent généralement environ 400 € à 800 € selon la complexité du dossier.

La contribution de sécurité immobilière

Cette contribution est due à l'État pour l'accomplissement des formalités d'enregistrement et de publicité foncière. Elle est fixée au taux de 0,10 % du prix du bien, avec un minimum de 15 €.

Pour un bien à 300 000 €, cette contribution s'élève donc à 300 €.

Frais de notaire dans l'ancien vs dans le neuf

La différence de frais de notaire entre l'immobilier ancien et le neuf est considérable et constitue un élément majeur dans le choix d'investissement.

Achat dans l'ancien

Pour un bien ancien (construit depuis plus de 5 ans ou ayant déjà eu un propriétaire), les frais de notaire représentent entre 7 % et 8 % du prix d'achat, voire jusqu'à 10 % dans certaines configurations.

Cette proportion élevée s'explique par l'application du taux normal de droits de mutation (5,80 % dans la plupart des départements).

Achat dans le neuf

Pour un logement neuf ou en VEFA (Vente en l'État Futur d'Achèvement), les frais de notaire sont nettement réduits et représentent entre 2 % et 3 % du prix d'achat.

Cette différence majeure s'explique par l'exemption des droits de mutation pour les biens neufs, qui n'ont jamais été enregistrés auparavant. À la place, l'acheteur paie la TVA à 20 % (ou 5,5 % dans certaines zones en rénovation urbaine), mais celle-ci est généralement incluse dans le prix de vente affiché.

Tableau comparatif

Type de bien Frais de notaire Exemple pour 200 000 €
Logement ancien 7 % à 8 % 14 000 € à 16 000 €
Logement neuf 2 % à 3 % 4 000 € à 6 000 €
VEFA Moins de 3 % Moins de 6 000 €

Cette différence substantielle peut représenter une économie de 8 000 € à 10 000 € sur un bien de 200 000 €, un argument de poids pour les primo-accédants disposant d'un apport limité.

Comment calculer vos frais de notaire ?

Plusieurs outils en ligne permettent d'estimer avec précision vos frais de notaire avant de vous engager dans un achat immobilier.

Simulateurs en ligne

Plusieurs organismes proposent des calculateurs gratuits :

  • Le site officiel des notaires de France : permet un calcul personnalisé selon votre département
  • L'Agence nationale pour l'information sur le logement (ANIL) : outil fiable et régulièrement mis à jour
  • Immonot : calculatrice détaillée avec distinction par département

Calcul manuel approximatif

Pour une estimation rapide, vous pouvez appliquer ces règles simples :

  1. Bien ancien : multipliez le prix par 7,5 % (moyenne nationale)
  2. Bien neuf : multipliez le prix par 2,5 %

Par exemple, pour un appartement ancien à 250 000 € : 250 000 × 7,5 % = 18 750 € de frais de notaire estimés.

Astuces pour réduire les frais de notaire

Bien que les frais de notaire soient en grande partie réglementés, plusieurs stratégies permettent de les optimiser légalement.

Négocier les émoluments du notaire

Pour les transactions supérieures à 150 000 €, le notaire peut accorder une remise maximale de 20 % sur ses émoluments, calculée sur la part du prix dépassant ce seuil.

Par exemple, pour un bien à 250 000 € :

  • La tranche au-delà de 150 000 € = 100 000 €
  • Émoluments sur cette tranche : 100 000 × 0,799 % = 799 € HT
  • Remise maximale possible : 799 × 20 % = 159,80 € HT

L'économie reste modeste mais non négligeable.

Déduire la valeur des meubles

Une technique souvent méconnue consiste à séparer le prix du mobilier du prix du bien immobilier dans l'acte de vente. Les droits de mutation ne s'appliquant qu'au bien immobilier, vous pouvez réaliser une économie substantielle.

Si vous achetez un appartement meublé à 200 000 € et que vous estimez le mobilier à 10 000 €, les droits de mutation ne seront calculés que sur 190 000 €. Cette déduction doit toutefois être justifiée par un inventaire détaillé et des prix cohérents avec la valeur réelle des meubles.

Prendre en compte les honoraires d'agence

Lorsque les honoraires d'agence sont à la charge de l'acquéreur, ils sont ajoutés au prix de vente net vendeur pour former le prix d'acquisition FAI (Frais d'Agence Inclus). Les droits de mutation s'appliquent uniquement sur le prix net vendeur, pas sur les honoraires d'agence.

Exemple :

  • Prix net vendeur : 200 000 €
  • Honoraires d'agence : 10 000 € (5 %)
  • Prix FAI : 210 000 €
  • Droits de mutation calculés sur : 200 000 € seulement

Choisir un département à taux réduit

Si votre recherche immobilière n'est pas géographiquement contrainte, privilégiez les départements appliquant un taux réduit de droits de mutation (Indre, Isère, Morbihan, Mayotte), ce qui peut représenter une économie de plusieurs milliers d'euros.

Qui paie les frais de notaire ?

Dans la grande majorité des cas, les frais de notaire sont à la charge de l'acquéreur. Cette convention est inscrite dans les usages immobiliers français et figure systématiquement dans les compromis de vente.

L'acte en main

Il existe toutefois une possibilité de dérogation appelée "acte en main". Dans ce cas, le vendeur prend en charge les frais de notaire, mais cette option doit être explicitement mentionnée dans la promesse de vente.

En pratique, le vendeur répercute généralement ces frais dans le prix de vente, ce qui revient au même pour l'acquéreur mais peut faciliter le financement en réduisant l'apport personnel nécessaire.

Modalités de paiement

Les frais de notaire doivent être réglés avant le rendez-vous de signature de l'acte authentique, généralement par virement bancaire. Depuis 2015, pour toute transaction supérieure à 3 000 €, le paiement par virement est obligatoire dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d'argent.

Frais de notaire et financement

Les frais de notaire constituent un élément crucial dans votre plan de financement immobilier et doivent être anticipés dès le début de votre projet.

Peut-on emprunter les frais de notaire ?

Oui, il est possible d'intégrer les frais de notaire dans votre crédit immobilier. La plupart des banques acceptent de financer jusqu'à 110 % du prix du bien, incluant ainsi les frais de notaire et éventuellement les frais de garantie.

Attention toutefois : emprunter les frais de notaire augmente le montant total de votre crédit et donc le coût des intérêts sur la durée. Pour un prêt de 200 000 € sur 20 ans à 3,5 %, ajouter 15 000 € de frais de notaire représente environ 4 000 € d'intérêts supplémentaires.

Apport personnel et frais de notaire

Les établissements bancaires exigent généralement un apport personnel minimal représentant au moins les frais de notaire, soit environ 10 % du prix d'achat pour un bien ancien. Cet apport témoigne de votre capacité d'épargne et sécurise l'opération du point de vue de la banque.

Questions fréquentes sur les frais de notaire

Les frais de notaire sont-ils les mêmes partout en France ?

Non, les frais de notaire varient légèrement selon les départements en raison des taux différents de droits de mutation. La fourchette s'étend de 5,09 % à 5,80 % pour la part départementale, ce qui peut représenter un écart de plusieurs milliers d'euros sur une transaction importante.

Peut-on négocier tous les frais de notaire ?

Seule la rémunération du notaire (les émoluments) peut faire l'objet d'une négociation, et uniquement pour les transactions supérieures à 150 000 €. Les taxes et impôts, qui représentent 80 % des frais, ne sont absolument pas négociables.

Les frais de notaire sont-ils déductibles des impôts ?

Pour une résidence principale, les frais de notaire ne sont pas déductibles fiscalement. En revanche, dans le cadre d'un investissement locatif, certains frais peuvent être amortis ou déduits des revenus fonciers selon le régime fiscal choisi.

Que se passe-t-il si l'achat est annulé ?

Si la vente est annulée avant la signature de l'acte authentique, les frais de notaire ne sont pas dus. Si l'annulation intervient après la signature, les frais sont dus mais certains peuvent être récupérés selon les circonstances de l'annulation.

Y a-t-il des frais de notaire pour une donation ou une succession ?

Oui, les donations et successions donnent lieu à des frais de notaire spécifiques, calculés selon un barème distinct de celui des ventes. Les droits de succession varient considérablement selon le lien de parenté entre le défunt et l'héritier.

Les honoraires de négociation du notaire

Au-delà de son rôle traditionnel dans l'authentification des actes, certains notaires exercent une activité de négociation immobilière. Dans ce cas, ils perçoivent des honoraires de négociation distincts des frais d'acquisition classiques.

Ces honoraires sont désormais libres depuis 2016 et s'élèvent généralement entre 4 % et 6 % du prix de vente. Ils s'ajoutent aux frais de notaire traditionnels mais permettent au vendeur et à l'acquéreur de bénéficier d'un accompagnement complet de A à Z.

Trois conditions doivent être réunies pour que ces honoraires soient applicables :

  1. Le notaire dispose d'un mandat écrit du vendeur
  2. Il est à l'origine de la mise en relation entre vendeur et acquéreur
  3. Il rédige ou participe à la rédaction de l'acte de vente

Conclusion : anticiper pour mieux acheter

Les frais de notaire représentent un poste de dépense incontournable dans tout projet immobilier. Leur compréhension fine permet non seulement d'éviter les mauvaises surprises, mais aussi d'optimiser votre budget et de négocier au mieux votre acquisition.

Retenez ces points essentiels :

  • Les frais de notaire représentent 7-8 % du prix pour l'ancien, 2-3 % pour le neuf
  • 80 % de ces frais sont des taxes reversées à l'État
  • Vous pouvez négocier une remise sur les émoluments au-delà de 150 000 €
  • La valeur des meubles peut être déduite du prix taxable
  • Les simulateurs en ligne permettent une estimation précise

En anticipant correctement ces frais dans votre plan de financement et en appliquant les stratégies d'optimisation présentées dans ce guide, vous serez en mesure de réaliser votre projet immobilier en toute sérénité.

À lire également

Portrait de Élodie

À propos de l'auteure

Élodie

Rédactrice en chef

Ancienne clerc de notaire pendant dix ans, Élodie a ensuite rejoint la presse juridique. Elle analyse les évolutions du notariat et leurs implications patrimoniales.