Portrait de Élodie Par Élodie
Publié le 8 août 2026
5 minutes

Frais de notaire dans l'ancien : montant et particularités

Frais de notaire dans l'ancien : montant et particularités
Immobilier

L'acquisition d'un bien immobilier ancien représente un investissement majeur qui nécessite d'anticiper l'ensemble des coûts associés. Parmi ces dépenses incontournables figurent les frais de notaire, souvent sous-estimés par les acquéreurs. Ces frais, qui s'élèvent en moyenne entre 7 et 8% du prix d'achat, constituent une part significative du budget global et méritent une attention particulière lors de la préparation de votre projet immobilier.

Qu'est-ce qu'un bien immobilier ancien ?

Avant d'aborder les aspects financiers, il convient de définir précisément ce qu'on entend par "immobilier ancien". Un bien est considéré comme ancien dès lors qu'il a déjà fait l'objet d'une première vente, indépendamment de son âge réel. Ainsi, un appartement d'un an revendu pour la première fois entre dans cette catégorie, tout comme une maison centenaire.

Depuis le 1er janvier 2013, même les logements récents achetés en VEFA (Vente en l'État Futur d'Achèvement) et revendus dans les cinq premières années sont désormais considérés comme anciens, et non plus comme neufs. Cette distinction administrative a des conséquences directes sur le montant des frais de notaire applicables.

Quel est le montant des frais de notaire dans l'ancien ?

Fourchette indicative selon le prix d'achat

Les frais de notaire dans l'ancien représentent généralement entre 7% et 8% du prix d'acquisition. Cette fourchette peut légèrement varier selon le département où se situe le bien, certaines collectivités appliquant des taux de taxation différents.

Pour vous donner une idée concrète du montant à prévoir, voici quelques exemples chiffrés :

Prix d'achat du bien Frais de notaire estimés (7,5%) Budget total à prévoir
150 000 € 11 250 € à 12 000 € 161 250 € à 162 000 €
200 000 € 14 000 € à 16 000 € 214 000 € à 216 000 €
250 000 € 17 500 € à 20 000 € 267 500 € à 270 000 €
400 000 € 28 000 € à 32 000 € 428 000 € à 432 000 €

Ces montants illustrent l'importance d'intégrer les frais de notaire dès la phase de préparation budgétaire, car ils peuvent représenter plusieurs mois d'épargne ou nécessiter un ajustement de votre apport personnel.

Différence significative avec le neuf

L'écart avec l'immobilier neuf est considérable : dans le neuf, les frais de notaire ne représentent que 2 à 3% du prix d'achat, soit une économie substantielle. Pour un bien à 200 000 €, la différence peut atteindre 10 000 € à 12 000 €. Cette disparité s'explique principalement par le régime fiscal applicable, les biens neufs étant soumis à la TVA et bénéficiant de droits de mutation réduits.

Composition détaillée des frais de notaire dans l'ancien

Contrairement à ce que leur appellation suggère, les "frais de notaire" ne reviennent pas intégralement au professionnel qui authentifie la transaction. Ils se composent en réalité de plusieurs éléments distincts.

Les droits de mutation à titre onéreux (DMTO)

Les DMTO constituent la part la plus importante des frais de notaire, représentant environ 80% du montant total. Ces taxes sont intégralement reversées à l'État et aux collectivités locales.

Les DMTO se décomposent en plusieurs composantes :

  • La taxe départementale : variable selon les départements, elle s'élève généralement à 4,50% du prix de vente. Seuls quelques départements comme le Morbihan, l'Indre, l'Isère et Mayotte appliquent un taux réduit à 3,80%
  • La taxe communale additionnelle : fixée à 1,20% du prix dans la plupart des communes, elle peut être réduite à 0,50% voire supprimée selon les décisions du conseil municipal
  • Les frais d'assiette et de recouvrement : représentant 2,37% de la taxe départementale (et non du prix de vente), ils sont perçus par l'État
  • La contribution de sécurité immobilière : fixée à 0,10% du prix avec un minimum de 15 €, elle finance la publicité foncière

Au total, les droits de mutation oscillent entre 5,80% et 6% du prix d'achat dans la majorité des départements français.

Les émoluments du notaire

La rémunération proprement dite du notaire ne représente qu'environ 10% du montant total des frais. Cette rémunération est strictement encadrée par un barème national dégressif établi par décret :

Tranche de prix Taux applicable
De 0 à 6 500 € 3,870%
De 6 500 € à 17 000 € 1,596%
De 17 000 € à 60 000 € 1,064%
Au-delà de 60 000 € 0,799%

Ce barème dégressif explique pourquoi, en pourcentage, les émoluments diminuent à mesure que le prix du bien augmente. À ces émoluments proportionnels s'ajoutent des émoluments fixes pour certains actes spécifiques (mainlevée d'hypothèque, constitution de servitude, etc.).

Les débours et frais divers

Les débours représentent environ 10% du montant total des frais de notaire. Il s'agit des sommes avancées par le notaire pour votre compte afin d'effectuer diverses formalités administratives :

  • Demandes de documents d'urbanisme auprès des services municipaux
  • Frais de géomètre si un bornage est nécessaire
  • Extraits de cadastre et documents d'état civil
  • Frais de déplacement et frais postaux
  • Interventions de tiers professionnels (diagnostiqueurs, experts, etc.)

Ces frais varient généralement entre 400 € et 800 € selon la complexité du dossier et les spécificités du bien acquis.

Pourquoi les frais de notaire sont-ils plus élevés dans l'ancien ?

La différence majeure entre l'ancien et le neuf réside dans le traitement fiscal de la transaction. Dans l'immobilier neuf, le prix de vente inclut déjà la TVA (généralement à 20%), ce qui justifie des droits de mutation réduits à environ 0,715%. En revanche, dans l'ancien, la vente n'est pas soumise à TVA, mais à des droits de mutation bien plus élevés.

Cette différence de taxation s'explique par la volonté du législateur de favoriser la construction de logements neufs pour répondre aux besoins en logements, tout en maintenant des recettes fiscales significatives sur les transactions dans l'ancien, qui représentent la majorité du marché immobilier français.

La taxe départementale de publicité foncière constitue le principal écart : elle s'élève à 3,80% ou 4,50% dans l'ancien, contre seulement 0,7% dans le neuf. Cette seule différence explique l'essentiel de l'écart de 4 à 5 points de pourcentage entre les deux types de biens.

Comment calculer précisément ses frais de notaire ?

Méthode de calcul simplifiée

Pour obtenir une estimation rapide, vous pouvez appliquer la formule suivante :

Frais de notaire = Prix d'achat × 7,5%

Cette formule vous donnera une approximation suffisante pour préparer votre budget. Pour un calcul plus précis tenant compte des spécificités de votre département et de votre transaction, plusieurs simulateurs en ligne permettent d'affiner cette estimation.

Exemple de calcul détaillé pour un bien à 240 000 €

Prenons l'exemple d'un appartement ancien acheté 240 000 € dans un département appliquant le taux standard :

  • Droits de mutation (DMTO) : 240 000 € × 5,80% = 13 920 €
  • Émoluments du notaire : environ 1 900 € (selon barème dégressif)
  • Débours et frais divers : environ 500 €
  • Contribution de sécurité immobilière : 240 000 € × 0,10% = 240 €

Total estimé : 16 560 €, soit environ 6,9% du prix d'achat.

Si l'on applique la fourchette moyenne de 7 à 8%, les frais se situeraient entre 16 800 € et 19 200 €, ce qui correspond bien aux estimations constatées dans la pratique.

Astuces pour réduire les frais de notaire dans l'ancien

Déduire la valeur du mobilier

Si le bien que vous achetez est vendu meublé, vous pouvez faire évaluer séparément le mobilier dans l'acte de vente. Cette valeur sera alors déduite du prix servant de base au calcul des droits de mutation, puisque seuls les biens immobiliers sont taxés.

Exemple concret : pour une maison vendue 200 000 € comprenant du mobilier estimé à 5 000 € (cuisine équipée, électroménager, meubles de salle de bain), les DMTO ne seront calculés que sur 195 000 €, ce qui représente une économie d'environ 300 € sur les frais totaux.

Attention toutefois : l'évaluation du mobilier doit être réaliste et justifiable. Une surévaluation manifeste pourrait être remise en cause par l'administration fiscale. Il est recommandé d'établir une liste détaillée, article par article, avec des estimations cohérentes par rapport aux valeurs du marché de l'occasion.

Négocier les émoluments du notaire

Depuis 2016, les notaires ont la possibilité d'accorder une remise allant jusqu'à 10% sur leurs émoluments pour la partie du prix dépassant 150 000 €. Cette négociation porte uniquement sur les honoraires du notaire (environ 10% des frais totaux) et non sur les taxes reversées à l'État.

Sur un bien à 240 000 €, cette remise pourrait représenter une économie d'environ 70 à 100 €. Bien que le montant soit modeste, il est légitime de solliciter cette réduction, particulièrement si vous réalisez plusieurs opérations avec le même notaire (vente et achat simultanés, par exemple).

Optimiser les frais d'agence

La manière dont sont structurés les frais d'agence immobilière peut avoir un impact sur les frais de notaire. Si le contrat d'agence prévoit que la commission est à la charge exclusive de l'acquéreur (et non incluse dans le prix de vente), cette commission ne sera pas soumise aux droits de mutation.

À l'inverse, si les frais d'agence sont "inclus" dans le prix (vendeur payant mais acquéreur finançant in fine via un prix majoré), ils entrent dans l'assiette de calcul des DMTO. Cette subtilité contractuelle peut générer une différence de plusieurs centaines d'euros selon le montage choisi.

Opter pour l'acte en main

Dans certaines négociations, vous pouvez proposer au vendeur un prix "acte en main", c'est-à-dire un prix global incluant les frais de notaire, que le vendeur prendrait à sa charge. Si le vendeur accepte, cela ne change rien au montant total qu'il percevra, mais cela peut faciliter votre financement bancaire.

En effet, les banques financent généralement le prix d'achat à 100% mais rarement les frais de notaire. En transférant ces frais dans le prix d'achat, vous pouvez obtenir un financement intégral de votre acquisition. Cette technique nécessite toutefois l'accord du vendeur et une négociation transparente sur le montant global.

Frais de notaire et financement bancaire

Faut-il intégrer les frais de notaire dans son prêt immobilier ?

Les établissements bancaires adoptent des positions variables concernant le financement des frais de notaire. Certaines banques acceptent de les inclure dans le prêt immobilier, tandis que d'autres exigent qu'ils soient financés sur fonds propres.

Dans la plupart des cas, les banques préfèrent que l'acquéreur dispose d'un apport personnel couvrant au minimum les frais de notaire et les frais de garantie. Cet apport témoigne de la capacité d'épargne de l'emprunteur et réduit le risque pour l'établissement prêteur.

Si vous ne disposez pas de l'apport suffisant, certaines solutions existent :

  • Négocier un prêt à 110% couvrant prix d'achat + frais annexes
  • Solliciter un prêt familial pour les frais de notaire
  • Bénéficier d'une donation familiale défiscalisée
  • Mobiliser votre épargne salariale (participation, intéressement, PEE)

Impact sur votre capacité d'emprunt

Les frais de notaire ont un impact direct sur votre budget global et donc sur le type de bien auquel vous pouvez prétendre. Si votre capacité d'emprunt vous permet d'emprunter 200 000 €, et que vous devez financer les frais de notaire sur fonds propres (environ 15 000 €), votre enveloppe nette pour l'achat du bien sera de 185 000 €.

Il est donc essentiel d'intégrer ces frais dès les premières simulations financières pour définir un budget d'achat réaliste et éviter les déconvenues lors de la recherche de biens.

Questions fréquentes sur les frais de notaire dans l'ancien

Qui paie les frais de notaire ?

Les frais de notaire sont systématiquement à la charge de l'acquéreur, sauf accord contraire explicitement prévu dans le compromis de vente. Cette règle s'applique aussi bien dans l'ancien que dans le neuf. Le vendeur, quant à lui, supporte généralement les frais de mainlevée d'hypothèque si son bien était grevé d'un crédit.

Quand doit-on payer les frais de notaire ?

Le règlement des frais de notaire intervient au moment de la signature de l'acte authentique de vente chez le notaire, généralement 2 à 3 mois après la signature du compromis de vente. Le notaire demande souvent une provision quelques jours avant la signature, puis régularise le solde le jour de l'acte. Il se charge ensuite de reverser les taxes à l'administration fiscale et de régler les différents intervenants.

Peut-on avoir deux notaires sans payer plus ?

Oui, il est tout à fait possible que l'acheteur et le vendeur soient chacun accompagnés par leur propre notaire, sans que cela n'augmente les frais. Les deux notaires se répartissent les émoluments fixés par le barème réglementaire, sans surcoût pour les parties. Cette configuration peut être rassurante, notamment pour des transactions complexes ou lorsqu'il existe un déséquilibre d'information entre les parties.

Les frais de notaire sont-ils déductibles fiscalement ?

Pour une résidence principale, les frais de notaire ne sont pas déductibles des impôts. En revanche, dans le cadre d'un investissement locatif, ils peuvent être intégrés au prix de revient du bien et amortis dans certains régimes fiscaux (LMNP en régime réel, par exemple), ou déduits en tant que frais d'acquisition dans le cadre d'un investissement en location nue.

Peut-on obtenir un remboursement si la vente ne se fait pas ?

Si la vente est annulée après le compromis mais avant l'acte authentique, les frais de notaire définitifs ne sont pas encore dus. Seuls les frais engagés pour la rédaction du compromis (généralement quelques centaines d'euros) restent à charge. En revanche, si l'acte authentique a été signé et que vous exercez ensuite votre droit de rétractation (dans les 10 jours), les frais de notaire déjà payés ne seront pas remboursés, car les formalités ont été accomplies.

Départements appliquant des taux réduits

Bien que la majorité des départements français appliquent le taux standard de 4,50% pour la taxe départementale, quelques territoires ont maintenu un taux réduit à 3,80%, permettant une économie d'environ 0,7 point sur les frais de notaire totaux :

  • Le Morbihan (56)
  • L'Indre (36)
  • L'Isère (38)
  • Mayotte (976)

Dans ces départements, les frais de notaire pour l'achat d'un bien ancien se situent plutôt dans une fourchette de 6,5% à 7,5%, soit une économie de 1 000 € à 1 500 € sur un bien de 200 000 €.

Spécificités selon le type de bien ancien

Maison ancienne

Pour l'achat d'une maison ancienne, les frais de notaire suivent le barème standard de 7 à 8%. Cependant, des frais supplémentaires peuvent s'ajouter si des formalités spécifiques sont nécessaires : bornage du terrain, vérification des servitudes de passage, régularisation de situation cadastrale, etc. Ces éléments peuvent majorer les débours de quelques centaines d'euros.

Appartement ancien

L'achat d'un appartement ancien génère généralement moins de frais annexes qu'une maison, car le bornage n'est pas nécessaire et la situation cadastrale est souvent plus simple. Les frais de notaire restent dans la fourchette habituelle de 7 à 8%, avec des débours généralement compris entre 400 € et 600 €.

Terrain à bâtir

Bien que ce ne soit pas strictement de l'immobilier "ancien" au sens de bâti existant, l'achat d'un terrain à bâtir est soumis aux mêmes droits de mutation que l'ancien, soit 5,80% environ. Les frais de notaire totaux se situent donc également entre 7 et 8% du prix d'achat. Des frais de géomètre pour le bornage (1 000 € à 2 000 €) viennent généralement s'ajouter aux frais standards.

Portrait de Élodie

À propos de l'auteure

Élodie

Rédactrice en chef

Ancienne clerc de notaire pendant dix ans, Élodie a ensuite rejoint la presse juridique. Elle analyse les évolutions du notariat et leurs implications patrimoniales.